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08 juin 2020
Association

Confinement : Retour d'expérience de nos Alumni

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Durant la période de confinement, nous avons interrogé des alumni d'IMT Mines Albi, IMT Lille Douai et IMT Mines Alès pour savoir comment ces derniers mois se sont déroulés de leurs côtés.

Retrouvez ci-dessous l'intégralité des témoignages :

 

Je suis ingénieur forage pour la société TOTAL, expatrié à Lagos au Nigéria. Mes missions consistent à préparer l’ingénierie et les finances des opérations de forage, puis supporter depuis la ville les opérations réalisées sur les rigs de forage.

En tant qu’expatrié, nous sommes bien sur directement touchés par cette crise du Covid-19. Tout est allé très vite : nous avons été rapatriés quelques jours suivant l’annonce de confinement en France. Je dois dire que cela s’est fait de façon très bien organisée. Heureusement, car Lagos c’est entre 20 et 25 millions d’habitants et la peur de contagion commençait à vite se faire sentir parmi nos familles, malgré le peu de cas rapportés aujourd’hui dans le pays. Des équipes TOTAL nous attendaient à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle et nous avons pu atteindre nos domiciles par taxi ou car. Le consulat reste en contact avec nous pour nous assister dans notre retour à Lagos.

La vie d’expatrié implique ce genre de situations, que j’ai déjà vécu en Libye par exemple, pour d’autres raisons. Il faut l‘appréhender et savoir comment réagir. Pour des jeunes ingénieurs encore à l’école ou en début de carrière, cette appréhension doit être connue avant de choisir de s’expatrier. Et cela ne s’applique pas seulement aux pays dit « à risque ».

Aujourd’hui, nous avons dû faire face au challenge du travail à distance. Et c’est une réussite ! Chez TOTAL, nous utilisons Microsoft Teams pour se rencontrer et communiquer. C’est une nouvelle gymnastique dans notre organisation qui nous sera forcément bénéfique après la crise. Nos équipes IT ont mis en place des ordinateurs à distance pour que nous puissions travailler sur nos logiciels et base de données en local depuis le Nigéria. Tous les matins, l’ensemble du département forage (25 personnes au Nigéria) se retrouve pour discuter autour du café à 8h00. D’autres ont lancé un « selfie challenge » pour rendre compte des conditions de travail à la maison et partager les bonnes pratiques. C’est comme au bureau !

Pierre ANTONIOLI, IMT Lille Douai 2012

 

Ingénieur de diplôme mais vidéaste et entrepreneur de passion, je suis COO associé chez KÖM.

KÖM, c'est une toute jeune agence vidéo parisienne qui crée du contenu vidéo impactant et original pour de grandes entreprises telles que L'Oréal, Uber et TF1, tout comme pour les plus belles startups (LunchR/Swile, Kymono, Totem...)

Mes missions sont très variées : accompagner nos clients de A à Z dans la création de leurs projets vidéo, leur donner de nouvelles idées régulièrement, faire de la veille constante sur les nouveaux formats, créer de nouvelles offres, suivre une partie de l'équipe interne et externe... KÖM a moins d'un an, du coup, se retrouver chacun chez soi du jour au lendemain et continuer à délivrer les projets vidéo de nos clients, ça a été un vrai défi !

Heureusement, aucun des membres et proches de l'équipe n'a été directement touché par le virus. Nous faisions déjà du télétravail au moins une fois par semaine avant l'apparition du COVID-19.

Nous avions donc déjà mis en place notre process de travail à distance, avec des outils classiques comme Asana, Google Drive, Slack...Non, le plus dur a été de se retrouver seul chez soi alors qu'on prenait plaisir tous les jours à retrouver notre petite équipe de 7 KÖMmers et sa très bonne ambiance ! Même si je m'estime plutôt bien loti car j'habite avec mon amie dans un appartement plutôt spacieux avec un balcon et collé au bois de Vincennes. Nous avons donc décidé de rester en région parisienne pour le confinement ! Ce qui a été aussi compliqué à gérer personnellement, c'est tous les appels de clients en l'espace de 48h pour mettre en standby leurs projets vidéo : qui dit confinement dit arrêt des tournages et gel des projets en cours... En tant qu'entrepreneur avec un statut social d'indépendant, pas de chômage partiel pour moi ! J'ai l'habitude de ne pas compter sur les différentes aides "classiques" réservées au salariés, mais il faut bien s'y préparer, matériellement et mentalement !

Niveau activité, nous étions dans une période très chargée, avec une grosse vague de tournages en février/mars, donc nous avons pu occuper une bonne partie de notre équipe pendant les 5-6 premières semaines du confinement.Côté dirigeants, nous avons profité de cette période pour traiter les sujets que nous avions mis de côté pendant la période de rush et accélérer nos "side projects" et réflexions sur de nouvelles offres.

Prendre du recul sur notre activité a été l'effet désirable non prévu de cette situation ! Nous avons aussi profité de cette période pour réfléchir comment être utiles - à notre échelle - aux entreprises les plus durement touchées par la crise sanitaire : nous avons donc proposé de leur offrir une vidéo afin qu'ils puissent garder contact avec leur écosystème. Nous sommes maintenant sur la fin du confinement strict et tous les projets mis en standby sont réactivés depuis quelques jours : la reprise à partir de mi-mai s'annonce très chargée et challengeante car nous devons évidemment adapter tous nos process de tournages au contexte actuel !

Nous prévoyons de rester en télétravail au moins jusqu'à début juin malgré notre forte envie de tous nous revoir et nous allons même agrandir l'équipe :)

Guillaume MAURICE, IMT Lille Douai 2012

 

Depuis le confinement, j'ai une charge de travail beaucoup moins élevée qu'habituellement, dans le cadre de mon alternance chez Orange: les clients entreprises passent moins de commandes, et les productions non essentielles nécessitant le déplacement d'un technicien ne peuvent pas se faire. Il est vrai que nous couvrons le domaine de la santé, cependant, des solutions très spécifiques ont été mises en place pour répondre à la crise afin de raccourcir au maximum les délais, et donc, la majorité du travail est réalisée directement par les équipes de production. Je profite de ce temps pour suivre des formations en ligne pour monter en compétence.

Je reste en contact avec l'ensemble de mes collègues, et nous avons un point hebdomadaire le vendredi.

Concernant les cours, en tant qu'alternante à l'IMT Lille Douai, je connaissais déjà les cours à distance. La semaine de cours que je devais avoir en présentiel a été éprouvante : en plus de devoir suivre une journée entière de cours, j'ai eu 2 examens à distance, et un autre remplacé par un devoir maison.

J'étais également censée partir à l'étranger cet été, pour un stage interculturel obligatoire dans mon cursus, mais il me semble très compromis.(je ne l'avais pas trouvé avant le confinement).

A titre personnel, j'ai rejoint mon copain qui vit aussi son début de stage en télétravail. Je me suis également mise au sport, histoire de bouger un peu et je trouve que j'ai un rythme de vie plus sain ! Moins de sorties, de bières, plus de sommeil et une alimentation plus équilibrée. Finalement c'est surtout ma famille, que je n'ai pas vue depuis Noël, qui me manque le plus.

Juliette DANET, IMT Lille Douai 2021

 

Mon stage de 4 mois au sein de la société APTAR CSP Technologies à Niederbronn-les-Bains a pu commencer dès le 6 avril en télétravail, grâce à la confiance que mon tuteur a placé en moi. Pour mes camarades qui ont vu leur stage se faire annuler, l’école a revu ses exigences au niveau de la durée obligatoire pour permettre une certaine flexibilité.

Je vis mon confinement au sein d’une des résidences étudiantes de l’école à Douai, avec une quarantaine d’élèves. C’est tout de même un très bon cadre de vie durant cette période que nous traversons car cela permet par exemple de garder un certain contact avec des gens ou de pouvoir faire ses courses dans un supermarché à proximité.

De plus, le jardin de la résidence permet de prendre l’air particulièrement quand le soleil est de sortie. La vie en communauté (confinée) ne se passe qu’au mieux car chacun tâche de respecter les règles d’hygiène et de limiter les rassemblements.  

Guillaume ANDRE, IMT Lille Douai 2021

 

Le Bureau des Arts a organisé le Coron'Art'Scene : pendant une semaine des des vidéos de musique des dessins, à chaque fois l'oeuvre d'étudiant, ont été postée sur la page Facebook de l'association.

Le Bureau Des Sports a quant à lui concocté un programme sportif pour aider les étudiants à garder le rythme et à trouver la force de se lever de leur canapé !

BDE IMT Lille Douai

 

Découvrez le quotidien de Nathalie Redon, enseignante-chercheuse, en télétravail avec ses deux compères Mogwaï et Willow

https://twitter.com/IMTLilleDouai/status/1246000249514180608

Personnel, IMT Lille Douai

 

Mobilisation d'IMT Lille Douai

L'équipe du FabLab d'IMT Lille Douai a démarré la production de visières de protection pour les personnels soignants du Centre Hospitalier de Douai. Une première livraison de 50 visières a été faite hier pour permettre aux équipes de les tester. Le fablab pourra ensuite en produire 25/jour.

IMT Lille Douai se mobilise pour fabriquer des sur-blouses. https://www.fgreportages.fr/douai-limt-lille-douai-se-mobilise-pour-fabriquer-des-sur-blouses/

Ecole IMT Lille Douai

 

À Alençon, l'ISPA a mis à profit son expertise en plasturgie. Plus de 8000 surblouses-tabliers réutilisables et recyclables ©Julienne.CHICAM-Steunou.ISPA ont été réalisées depuis le 2 avril.

Elles ont été livrées au Centre Hospitalier d’Alençon et distribuées par la préfecture de l'Orne aux établissements de Normandie en ayant besoin pour assurer des soins.

12 apprentis du cursus ingénieur IMT Lille Douai - ISPA se sont portés volontaires bénévoles pour concrétiser ce projet. Avec le soutien de l'équipe pédagogique et de la Préfecture de l’Orne, ils ont assuré la production semi-industrielle des surblouses et tabliers.

+ d'infos : https://www.ispa.asso.fr/solidarite-covid19-surblouses

Ecole IMT Lille Douai

 

Adaptation de mon travail:

Mon activité s’est adaptée assez facilement car je travaille avec des fournisseurs et donc un travail à distance à l’origine. Toute mon équipe travaille de la maison. En terme de travail d’équipe cela demande à avoir de façon quotidienne des points de rencontre car nous ne nous croisons pas dans les bureaux. En tant que chef d’équipe cela demande à insuffler un mindset positif car les news sont anxiogènes et certaines personnes n’arrivent pas à positiver. Personnellement cela demande aussi de s’imposer des temps de poses entre webex car sinon on ne bouge pas, et on regarde l’écran en continu: mais les gens ne comprennent pas forcément une indisponibilité... à gérer

Situation actuelle vue depuis l’étranger:

Pour l’instant nous pensons rester. Cependant si le chômage était envisagé nous ne savons pas si les aides seraient suffisantes. En plus notre location de maison en France est compromise car les locataires ne peuvent pas aménager pour l’instant. Donc en fonction de ces 2 paramètres financiers nous pourrions changer de stratégie.

Gaëlle PIUZZI, Conformance Manager chez Airbus Canada, Montréal, IMT Mines Albi 1999

 

Comment ton travail d'étudiant s’est adapté à la situation actuelle (des techniques particulières ? Des points positifs, négatifs ? Comment tu t'organises ?) ?

Nos cours sont maintenus et se font par visioconférence (zoom ou discord surtout). Je n'ai pas mis en place de technique particulière en ce temps de crise, hormis peut-être bien planifier mon emploi du temps pour rendre les projets en temps et en heure. Les points positifs : quelques évaluations transformées en projet (plus facile à mettre en place), plateforme zoom qui fonctionne très bien, et mis en place de discord par groupe de TD (surtout pour les L3) très utile pour poser des questions. 

Comment vois tu la situation actuelle avec ton statut d'élève ingé ? Quelles craintes, quelles opportunités tu y vois ?

J'ai beaucoup de crainte pour mon avenir d'ingénieur. Ma première crainte concerne mon stage de deuxième année, étant donné que je n'ai toujours pas de réponse pour beaucoup de candidatures. De plus, la plus grande crainte que j'ai c'est la compréhension ou non des RH dans le futur, sur le manque d'expérience dû au manque d'un stage de 4 mois "assistant ingénieur.

Cette période me permet de travailler mes langues un peu plus (surtout l'italien) et je fais pas mal de muscu alors que j'avais pas du tout le temps d'en faire avant. Et enfin, j'ai plus de temps à consacrer à mes projets personnels (notamment associatifs).

Rémy INGRASSIA (étudiant diplomé en 2021, Président du BDS, IMT Mines Albi) 

 

Comment le confinement a-t-il changé votre travail ?

Je suis PMO, et le confinement n'a pas beaucoup impacté mon travail. Je peux facilement télétravailler, je suis donc très rapidement restée chez moi. Prosaïquement, j'ai du renoncer à mes deux écrans et à mon bureau. Mon équipe travaille sur un autre site, j'ai donc l'habitude d'utiliser le tchat d'entreprise et les visio conférences.

Comment vous êtes vous adaptés ?

D'habitude, je fais uniquement des visio avec les équipes distantes, là j'ai du étendre ce mode de travail à tout le monde, y compris mon apprenti qui partage mon bureau. J'ai organisé des cafés virtuels pour conserver des moments de convivialité et éviter l'isolement.

Elodie MARC (Coordinateur projets-produits (PMO) chez Vetoquinol Global, Lure , IMT Mines Albi 2008

 

Je suis cofondateur et dirigeant de VOGO (www.vogo.fr). Nous éditons des solutions digitales dans les domaines du sport, de l’industrie et des services.

Depuis le confinement, nous avons mis en priorité la santé de nos collaborateurs et, pour une grande majorité, ils travaillent désormais en télétravail. Le domaine du Sport est aujourd’hui totalement arrêté pour une durée encore inconnue et les compétitions sont toutes reportées, voire annulées.

L’impact est important, il a fallu rapidement mettre en oeuvre toutes les mesures disponibles pour minimiser la consommation de trésorerie de l’Entreprise (PGE, reports de charges,…) sans stopper la Recherche et Développement et les activités stratégiques de VOGO, l’objectif étant d’être bien présent pour l’après-crise. Enfin, nous nous sommes engagés au côté d’organisme de santé comme le CNRS et SKILLCELL pour apporter notre expertise numérique dans ce combat contre le COVID19.

Christophe CARNIEL, IMT Mines Alès 1988

 

Je suis chef d’entreprises (groupe CSW ; www.cosywee.com). J’ai du mettre 95% des 115 salariés en chômage partiel et 5% en télétravail. Les entreprises ont été totalement fermées pendant 3 semaines. Je suis resté confiné chez moi mais très occupé à sécuriser notre trésorerie (recul d’échéances, demandes de prêts garantis par l’état, prêt rebond BPI, réponse à quelques uns de nos clients..). J’ai approfondi les possibilités offertes par les outils de collaboration à distance. Je pense que cela impactera durablement nos méthodes de travail.

Et depuis le 8 avril je suis de nouveau présent dans l’entreprise et gère la reprise progressive de l’activité et la production en mode dégradé. Tous nos sites ont repris une activité dont le niveau est à ce jour situé entre 20 et 60% du "normal".

Gilles CAPDESSUS, IMT Mines Alès 1987

 

En tant qu'apprenti ce n'est pas la première fois que je suis en situation de télétravail. Pour la partie pédagogique, on a beaucoup travaillé en projet, nous avions la liberté d'organisation du travail, néanmoins nous avions beaucoup de difficultés logistiques vis-à-vis de l'informatique à l'école. Mon retour en entreprise s'est fait en télétravail également, j'ai l'impression de gagner en productivité car l'on est moins dérangé qu'au bureau, il me manque quand même les moments de convivialité, mais rien ne nous empêche de faire des pauses lors de nos réunions. 

Nicolas GROELLY, IMT Mines Alès 2021

 

La différence s'est peu ressentie sur mon travail et ma manière de travailler. Le problème principal était la motivation qu'il était compliqué de trouver en l'absence de groupe mais les seuls travaux qu'il restait à accomplir pour ma part en tant qu'élève consistaient en des projets et des sujets de mission que l'on pouvait faire en groupe et chacun travaillait de son côté avant de faire un retour aux autres. On a donc pu continuer à travailler sans trop rencontrer de difficultés.

Les conséquences sur le Cercle avaient plus d'ampleur, on avait un risque financier énorme dû à l'annulation, entre autres, du festival de la Meuh Folle et il fallait gérer l'annulation et négocier pour les remboursements avec nos différents prestataires qui subissaient eux aussi la situation que l'on a connu. En plus de tout cela s'ajoutait le fait que la nouvelle équipe du Cercle devait être impliquée de plus en plus et que l'on devait les former et c'était très compliqué à distance puisque ça tient essentiellement en des discussions et des heures à expliquer ce qu'il faut faire ou non, ce à quoi il faut faire attention, etc...

Pour ce qui est des opportunités ou craintes en tant qu'élève ingénieur à vrai dire je me sens peu concerné puisque le stage de 2e année est devenu non obligatoire mais je n'ai pas pu en trouver un à cause de la situation actuelle toutefois c'est selon moi mon PFE qui reste essentiel quant à la suite de ma vie professionnelle et celui-ci n'est pas remis en cause.

Gauthier DELORME, IMT Mines Alès 2021

 



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